Le Burundi dans son histoire a été marqué par des crises politiques et instabilité gouvernementale sans répit. Cela ne lui a pas permis d’avoir une période plus ou moins longue lui permettant de se pencher aux défis de lutte contre la pauvreté en créant de la richesse et de la croissance avec une meilleure répartition des revenus. En effet, malgré le recouvrement de l’indépendance sous l’égide du charismatique leader « le Prince Louis RWAGASORE » qui, dans son brillant discours centrait sa vision du développement sur l’action des coopératives et le leadership fort, les lendemains ont vite déchanté, par des crises ethniques et politiques.
Ces innombrables conflits armés, couplés à la pandémie du VIH ont laissé d’innombrables orphelins et enfants vulnérables, vivant en situation d’extrême pauvrette. Le Conseil National de Lutte contre le SIDA estime à plus de 830.000 le nombre d'enfants burundais, durement touchés par les conséquences de la guerre civile et par la pandémie de SIDA. Souvent livrés à eux-mêmes, ces enfants n'ont pas accès aux services de base adaptés tels que les soins de santé ou la scolarisation. Dans un pays où 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, les tuteurs ou groupements de prise en charge peinent à subvenir à leurs besoins.
Depuis le début de la crise politique au Burundi, en avril 2015, le climat de violence politique pénalise de plus en plus les enfants. Leurs droits sont régulièrement bafoués, comme l’indiquent des rapports faisant état de blessures, décès et détentions. Plus de 108 000 personnes ont quitté leur foyer et plus de 300 000 (dont 54,6 % d’enfants) ont dû fuir le pays pour se mettre à l’abri du danger.